Le PCBE en cinq minutes !

lundi 7 décembre 2009, par administrateur

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En 1999, Québec et Ottawa s’entendaient sur la distribution des sommes de la fondation canadienne des bourses d’études du millénaire. La FEUQ et la FECQ avaient joué un rôle clé dans la négociation de l’entente.

10 ans plus tard, la même rengaine : Ottawa crée un programme, Québec ne reçoit pas l’argent. Au final, on prive les étudiants québécois de près de 118M$ par année !

Les bourses du millénaire ?

À la fin des années 1990, le gouvernement libéral fédéral de Jean Chrétien annonce la création d’un nouveau programme de bourses pour les étudiants, qui passerait par une fondation privée : la Fondation canadienne des bourses d’études du millénaire.

Commotion à Québec : on crie à l’ingérence du fédéral dans une compétence québécoise, on se braque. Péquistes à Québec et libéraux à Ottawa se préparent à un autre affrontement : pas de négociations en vue.

La FEUQ et la FECQ se saisissent du dossier. Elles jouent le rôle d’intermédiaire entre Québec, Ottawa et la Fondation. Résultat ? 70M$ par année pour les étudiants et une garantie que l’endettement étudiant serait stabilisé. Une victoire majeure des deux organisations.

Le PCBE ?

La Fondation naissait avec une date d’expiration : le 5 janvier 2010, elle doit cesser ses activités. Le gouvernement fédéral ne reconduit pas le mandat de la fondation : il préfère plutôt créer un nouveau programme en vertu de la Loi canadienne sur l’aide financière aux étudiants : le Programme canadien de bourses aux étudiants.

Ottawa y investit près de 507M$ annuellement et les montants augmenteront à chaque année ! Pendant ce temps, blocage entre Québec et Ottawa : 118 M$ sont littéralement pris en otage !

Compétences ? Droit de retrait ?

Le Canada est une fédération : à ce titre, il existe deux ordres de gouvernement dont les compétences sont définies dans la constitution. C’est au provincial que revient la compétence en éducation - c’est dans cette optique que s’est construit, depuis quarante ans, le système d’éducation québécois.

Lorsque Ottawa crée un programme qu’une province offre déjà, on lui permet généralement de s’en retirer : c’est le cas, par exemple, du PCPE, le programme canadien de prêts aux étudiants. Dans ce cas, Québec exerce son droit de retrait depuis plus de quarante ans. En créant le PCBE, toutefois, Ottawa refuse de transférer l’argent dû aux étudiants au gouvernement du Québec.

C’est pourquoi la FEUQ et la FECQ, réunies en août dernier, en sont venues à une position conjointe : exiger pour le Québec un droit de retrait avec pleine compensation du Programme canadien de bourses aux étudiants, en vue d’un réinvestissement en aide financière aux études.

Que faire avec l’argent ?

Ce ne sont pas les choix qui manquent : le programme d’aide financière comprend de nombreuses lacunes. Son mode de calcul n’est pas mauvais : toutefois, plusieurs éléments du programme révèlent son manque de financement. Pensons à l’endettement important qu’il engendre chez les étudiants, le volume d’aide qui est trop souvent insuffisant ou encore les trop nombreuses personnes qui ne peuvent pas bénéficier du programme. Une chose est claire, toutefois : tout l’argent doit aller en aide financière aux études. Les besoins sont trop criants pour que l’on puisse les ignorer !

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